YVES JAMAIT – 2011 – Saison 4

Salut Yves, c’est Jean-Louis. Tu te souviens de moi ?
Mais si, Le bar de l’univers. Tu passais par hasard…
Toi, t’es parti du côté de Dijon ou de Vierzon trier des cailloux, c’est ce qu’on m’a dit.
Moi, j’ai continué, et je bois, même sans toi, sans rien de vous.

Au début, j’me suis souvent dit :

– Ok tu t’en vas
– Nous nous reverrons
– Mais quand reviendras-tu ?
– Etc

Alors j’ai marché, du lundi au dimanche, j’ai marché.
Je t’ai oublié et le coquelicot s’est fané.

Et puis te revoilà.
Tu débarques là, tel un boa bonheur, tel un testostérone émoi en gueulant « Je suis vivant ! »
Mais qu’est-ce que tu fous ?
Tu reviens en en chantant « c’est la vie », t’as atteint la cinquantaine,  elle a l’air heureuse pauv’ pom’ !
T’as la fleur de l’âge et les mots chocolats.
T’as  la radio qui chante et hop c’est beau les filles.
Ouais, c’est ça, athées souhaits les deux amants !

T’as d’la chance mon vieux, t’as d’la chance et j’t’en veux pas.
Car finalement tu l’as pas volé hein, t’as eu ton compte d’adieux merdeux et de mains de femmes entre la salle et la terrasse.

Mais y-en a qui, y-en a qui…
… restent comme des cons à ne pas savoir quoi choisir entre les rires et le clown.

Le Jean-Louis lui, ça fait longtemps qu’il a perdu l’équilibre…
Non, c’est pas la peine, sans façon vraiment.
Le carrousel tourne et le temps passe.
Le soleil coule et le temps passe.
C’est la vie, Yves, c’est la vie.

Mais c’est l’heure Yves, c’est l’heure.
Quitte-moi, oui quitte-moi mais regarde-moi, une dernière fois, et avant que je t’oublie et que j’me casse : la dernière au bar, gare au train. En deux mots, adieu Yves…

Adieu à Jamait !