Il est parfois plus simple de s’en sortir avec une pirouette (cacahuète). Comme le livre du même nom, j’ai passé un petit moment en exode de la Paracha de la semaine. Enfin côté écriture. Non pas que je n’étais pas motivé pour tenter de mettre quelques réflexions par écrit, mais la lecture et surtout la compréhension de tout ce qui touche au rituel, à la législation, enfin dès que l’on quitte un tant soit peu le terrain de la narration, comme c’est souvent le cas à partir de Michpatim, aura occupé la majeure partie de mon temps.

Au commencement, si j’ose dire, du Lévitique, on ne peut pas dire que les choses s’arrangent. En effet, Vayikra va nous mener à une longue et minutieuse description des offrandes apportées au Sanctuaire. Sont passées en revue l’holocauste, l’oblation, le sacrifice de paix, les sacrifices d’expiation, ainsi que le sacrifice de culpabilité que j’éviterai de décrire successivement, de peur de ne pas encore en avoir bien compris toutes les différences et les nuances.

Néanmoins, je m’arrêterais quelques instants sur le premier verset de notre paracha, et notamment ce qui est souligné en gras :

 L’Éternel appela Moïse, et lui parla, de la Tente d’assignation, en ces termes: « Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : Si quelqu’un d’entre vous veut présenter au Seigneur une offrande de bétail, c’est dans le gros ou le menu bétail que vous pourrez choisir votre offrande.

Ainsi, il semble que les offrandes soient avant tout une démarche humaine plutôt que divine. D’ailleurs, avant que toute la procédure soit d’une certaine façon institutionnalisée et décrite si précisément dans le Lévitique, il est à noter que par deux fois dans la Genèse, l’homme aura souhaité se rapprocher du divin par l’offrande :

 Tout d’abord pendant l’épisode tragique de Caïn et Abel :
Au bout d’un certain temps, Caïn présenta, du produit de la terre, une offrande au Seigneur ; et Abel offrit, de son côté, des premiers-nés de son bétail, de leurs parties grasses.
Genèse, Ch. 4 – V.3

Et ensuite quand Noé eut essuyé le déluge :
Noé érigea un autel à l’Éternel ; il prit de tous les quadrupèdes purs, de tous les oiseaux purs, et les offrit en holocauste sur l’autel.
Genèse, Ch. 8 – V.20

Plus tard, les prophètes ne cesseront de mettre en garde le Peuple vis à vis des sacrifices. Ainsi, Isaïe :
Que m’importe la multitude de vos sacrifices ? Dit le Seigneur. Je suis saturé de vos holocaustes de béliers, de la graisse de vos victimes; le sang des taureaux, des agneaux, des boucs, je n’en veux point.
Isaïe, Ch. 1 – V. 4

Il faut peut-être comprendre qu’aux yeux du Peuple, le sacrifice, qui n’était peut-être qu’un moyen de s’approcher du Saint-Béni Soit-il dans un premier temps, puis une cérémonie amenant par exemple à l’expiation dans un deuxième temps, était alors devenu une fin en soi et rien de plus. Un sacrifice pour un sacrifice en quelque sorte. Et vidé de son sens…