Mishna Berakhot - Chapitre 6

lundi 25 mai 2026
par  Paul Jeanzé

Mishna 6.1

Cette mishna traite des bénédictions récitées sur divers aliments. Comment récite-t-on une bénédiction sur les fruits ? Sur les différents fruits qui poussent sur un arbre, on récite : « Qui crée les fruits de l’arbre », à l’exception du vin. Bien que le vin soit produit à partir des fruits de l’arbre, en raison de son importance, sa bénédiction diffère de celle des autres fruits de l’arbre. Sur le vin, on récite : « Qui crée les fruits de la vigne ». Sur les fruits qui poussent de la terre, on récite : « Qui crée les fruits de la terre », à l’exception du pain. Le pain, lui aussi, revêt une importance particulière et sa bénédiction diffère de celle des autres fruits de la terre, car sur le pain, on récite : « Qui fait sortir le pain de la terre ». Sur les herbes et les légumes-feuilles, on récite : « Qui crée les fruits de la terre ». Rabbi Yehuda dit qu’il y a lieu de distinguer entre les fruits qui poussent de la terre, les herbes et les légumes-feuilles. Bien qu’ils soient tous des fruits de la terre, comme ils ont des qualités différentes, la bénédiction sur ces derniers est : « Qui crée les diverses sortes d’herbes ».

Berahot - Chapitre 6 - Michna 1

Mishna 6.2

Cette mishna traite de la manière dont, a posteriori, une bénédiction plus générale dispense de l’obligation de réciter une bénédiction plus spécifique. Celui qui a récité : « Qui crée les fruits de la terre », sur les fruits de l’arbre, a rempli son obligation. Celui qui a récité : « Qui crée les fruits de l’arbre », sur les fruits de la terre, n’a pas rempli son obligation. Et sur tous les aliments, celui qui a récité : « Par dont la parole toutes choses ont été créées », a rempli son obligation.

Berahot - Chapitre 6 - Michna 2

Mishna 6.3

Et sur un aliment dont la croissance ne provient pas de la terre, on récite : « Par la parole duquel toutes choses ont été créées ». Et sur le vinaigre, le vin qui a fermenté et s’est gâté, et sur les novelot, les dattes qui se sont gâtées, et sur les sauterelles, on récite : « Par la parole duquel toutes choses ont été créées ». De même, sur le lait, sur le fromage et sur les œufs, on récite : « Par la parole duquel toutes choses ont été créées ». Rabbi Yehuda dit : Sur tout aliment qui est le résultat d’une malédiction, on ne récite aucune bénédiction. Aucun des aliments cités n’existe dans des conditions normales, et ils sont le résultat d’une malédiction.

Berahot - Chapitre 6 - Michna 3

Mishna 6.4

Dans un autre ordre d’idées : s’il y avait devant lui plusieurs types d’aliments, sur lequel devrait-il réciter une bénédiction en premier ? Rabbi Yehuda dit : s’il y a parmi eux l’une des sept espèces pour lesquelles Eretz Yisrael a été louée, il récite la première bénédiction sur celle-ci. Et les rabbins disent : il récite une bénédiction sur celui qu’il veut parmi eux.

Berahot - Chapitre 6 - Michna 4

Mishna 6.5

Cette mishna explique les cas et les circonstances dans lesquels les bénédictions récitées sur des aliments particuliers dispensent les autres aliments du repas de l’obligation de réciter une bénédiction sur eux. Celui qui a récité une bénédiction sur le vin qu’il a bu avant le repas, par cette bénédiction, il a dispensé le vin qu’il boit après le repas. De même, celui qui a récité une bénédiction sur les amuse-bouches qu’il a mangés avant le repas, par cette bénédiction, il a dispensé les amuse-bouches qu’il mange après le repas. Celui qui a récité une bénédiction sur le pain a exempté les amuse-bouches, car ceux-ci sont considérés comme secondaires par rapport au pain. Cependant, celui qui a récité une bénédiction sur les amuse-bouches n’a pas exempté le pain. Beit Shammaï dit : La bénédiction récitée sur les amuse-bouches n’a pas exempté même un plat cuisiné qu’il mange pendant le repas.

Berahot - Chapitre 6 - Michna 5

Mishna 6.6

Une halakha supplémentaire est citée : si plusieurs personnes étaient assises pour manger en dehors du cadre d’un repas commun, chacune récite une bénédiction pour elle-même. Si elles étaient allongées sur des divans pour manger, ce qui en fait un repas commun, l’une d’entre elles récite une bénédiction au nom de toutes. De plus : si du vin leur est servi pendant le repas, chaque convive récite une bénédiction sur le vin pour lui-même. Si le vin est servi après le repas, une seule personne récite une bénédiction au nom de tous. Et celui qui a récité la bénédiction sur le vin récite également la bénédiction sur l’encens [mugmar], bien que l’encens ne soit apporté aux convives qu’après le repas.

Berahot - Chapitre 6 - Michna 6

Mishna 6.7

Si on lui a apporté de la nourriture salée à manger en premier et du pain avec, il récite une bénédiction sur la nourriture salée et dispense ainsi le pain, car la nourriture salée est principale tandis que le pain lui est secondaire. Voici le principe : pour toute nourriture principale accompagnée d’une nourriture secondaire, on récite une bénédiction sur la principale et, ce faisant, on dispense la secondaire de sa propre bénédiction.

Berahot - Chapitre 6 - Michna 7

Mishna 6.8

Celui qui a mangé des fruits pour lesquels Eretz Yisrael a été louée, à savoir des raisins, des figues et des grenades, récite les trois bénédictions de la Grace après les repas [1], comme il le ferait après avoir mangé du pain ; telle est la déclaration de Rabban Gamliel. Et les rabbins disent : Il suffit de réciter une seule bénédiction abrégée parmi les trois bénédictions de la Grace après les repas. Rabbi Akiva dit : Les trois bénédictions de la Grace après les repas ne se limitent pas au pain ; au contraire, même si l’on a mangé des légumes bouillis, mais que c’est sa nourriture principale, on récite les trois bénédictions de la Grace après les repas. De plus : Celui qui boit de l’eau pour étancher sa soif récite : « Par dont la parole toutes choses ont été créées ». Rabbi Tarfon dit : Il récite : « Qui crée les nombreuses formes de vie et leurs besoins ».

Berahot - Chapitre 6 - Michna 8

[1Birkat Hamazon


[ télécharger l'article au format PDF]

Annonces

Une journée ordinaire

Aujourd’hui est une journée ordinaire... enfin je crois. Je profite donc de cette journée ordinaire pour mettre en ligne mon dernier roman, intitulé sobrement... une journée ordinaire.

Dans la mesure où j’aurai eu besoin d’un peu plus de quatre années pour voir ce petit livre achevé, ne devrais-je pas considérer cette journée comme extraordinaire ? Peut-être... peut-être pas. D’une certaine façon, n’est-il pas extraordinaire de pouvoir profiter d’une journée ordinaire ?

Cher lecteur, je vous souhaite une bonne journée... ordinaire.
Paul Jeanzé, le 19 décembre 2025


Brèves

8 janvier - Les dix-neuf lettres (Samson Raphaël Hirsch)

Mise en ligne d’une version en français de l’ouvrage Les dix-neufs lettres, de Samson Raphaël (…)

30 septembre 2025 - La méditation juive

Mise en ligne d’une version en français de La méditation juive (1982), livre de Aryeh Kaplan.