Mishna Berakhot - Chapitre 8
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Mishna 8.1
Voici les points de désaccord entre Beit Shammaï et Beit Hillel concernant les halakhot du repas : un désaccord porte sur l’ordre des bénédictions dans le kiddouch. Beit Shammaï dit : « Lorsqu’on récite le kiddouch sur le vin, on récite d’abord une bénédiction pour la sanctification du jour, puis une bénédiction sur le vin. » Et Beit Hillel dit : « On récite d’abord une bénédiction sur le vin, puis une bénédiction sur le jour. »
Mishna 8.2
De même, Beit Hillel et Beit Shammai sont en désaccord concernant la consommation de vin avant un repas. Beit Shammai dit : on se lave les mains, puis on mélange de l’eau avec le vin dans la coupe ; et Beit Hillel dit : on mélange de l’eau avec le vin dans la coupe, puis on se lave les mains. Le fondement de ce désaccord particulier concerne les lois de la pureté rituelle, comme l’expliquera la Guemara ci-dessous.
Mishna 8.3
Toujours en ce qui concerne les lois de la pureté rituelle, Beit Shammaï dit : « Après s’être lavé, on s’essuie les mains avec un linge et on le pose sur la table. » Et Beit Hillel dit : « On le pose sur le coussin sur lequel on est assis. »
Mishna 8.4
De même, Beit Shammaï dit : On balaye la partie de la maison où le repas a eu lieu et on se lave les mains avec l’eau finale avant la bénédiction d’après le repas. Et Beit Hillel dit : On se lave les mains et on balaye la maison ensuite.
Mishna 8.5
Tout comme ils divergent sur l’ordre des bénédictions du kiddouch, ils divergent également sur l’ordre des bénédictions de la havdala. Si un repas s’est prolongé jusqu’à la fin du Shabbat, Beit Shammaï dit : on récite la bénédiction sur la bougie, puis la bénédiction de remerciement après le repas, ensuite la bénédiction sur les épices, et enfin la bénédiction de la havdala. Et Beit Hillel dit : L’ordre est le suivant : la bougie, les épices, la bénédiction après le repas, puis la Havdala. En ce qui concerne la bénédiction sur la bougie, Beit Shammaï dit : « Qui a créé [bara] la lumière du feu. » Et Beit Hillel dit : « Qui crée [boreh] les lumières du feu. »
Mishna 8.6
On ne peut réciter de bénédiction ni sur la bougie ni sur les épices des gentils, ni sur la bougie ni sur les épices destinées à rendre hommage aux morts, ni sur la bougie ni sur les épices de l’idolâtrie. La Mishna cite une autre halakha concernant la bénédiction sur la bougie : Et on ne récite pas la bénédiction sur la bougie tant qu’on ne tire pas profit de sa lumière.
Mishna 8.7
La Mishna cite un autre différend : celui qui a mangé, a oublié et n’a pas récité la bénédiction ; Beit Shammaï dit : il retourne à l’endroit où il a mangé et récite la bénédiction. Beit Hillel dit : « Ce n’est pas nécessaire. Il récite la bénédiction à l’endroit où il s’en est souvenu. » Les deux écoles s’accordent toutefois sur le fait qu’il existe une limite quant au délai après le repas pendant lequel on peut réciter la bénédiction d’après le repas. Et jusqu’à quand récite-t-on la bénédiction ? Jusqu’à ce que la nourriture soit digérée dans ses intestins.
Mishna 8.8
Du vin a été servi aux convives après le repas ; s’il n’y a que cette coupe de vin, Beit Shammaï dit : on récite une bénédiction sur le vin, puis une bénédiction sur la nourriture, la bénédiction après le repas. Et Beit Hillel dit : on récite une bénédiction sur la nourriture, puis une bénédiction sur le vin. Et l’on répond « amen » après un Juif qui récite une bénédiction même si l’on n’a pas entendu la bénédiction dans son intégralité, et l’on ne répond pas « amen » après un Samaritain [Kuti] qui récite une bénédiction tant que l’on n’a pas entendu la bénédiction dans son intégralité, car peut-être que le Kuti a introduit un élément incompatible avec la foi juive dans la partie de la bénédiction que l’on n’a pas entendue.
