Chapitre 21 (La voie des Justes)

samedi 6 juin 2026
par  Paul Jeanzé

Ce qui aidera grandement à acquérir la Hassidout, c’est une grande observation et une longue contemplation. Car lorsqu’un homme contemple longuement la grandeur exaltée de l’Éternel, béni soit-Il, et Sa perfection absolue, ainsi que la distance incommensurable entre Sa grandeur et notre humilité, il sera rempli de crainte et de tremblement devant Lui.

Et lorsqu’il contemple la grande bonté de l’Éternel à notre égard, Son grand amour pour le peuple juif, la proximité des Justes auprès de Lui, la vertu de la Torah et des mitsvot, ainsi que d’autres recherches et études similaires, assurément, un amour puissant s’allumera en lui, et il choisira et désirera ardemment s’attacher à Lui. Car lorsqu’il verra que le Créateur, béni soit-Il, est littéralement (mamash) comme un père pour nous, et qu’Il a pitié de nous comme un père de ses fils, alors s’éveillera en lui le désir et l’aspiration de Lui rendre la pareille, comme un fils à son père.

Pour cela, une personne doit se retirer dans sa chambre et concentrer toute sa connaissance et sa pensée sur l’observation et l’étude approfondie de ces véritables questions.

Ce qui l’aidera certainement en cela, c’est une grande diligence et une étude approfondie des psaumes de David, que la paix soit sur lui, en méditant sur leurs paroles et leurs sujets. Car, comme ils sont tous remplis d’amour et de crainte [de l’Éternel] et de toutes sortes de hassidout, voici, en les méditant, on ne peut s’empêcher d’être grandement inspiré à suivre ses traces et à marcher dans ses voies. De même, la lecture des récits des hassidim qui ont suivi ces voies y contribuera également. Car toutes ces choses éveillent l’intellect à prendre conseil et à imiter leurs nobles actions. Cela est clair.

Les obstacles à la hassidout sont les distractions et les soucis. Car lorsque l’esprit est distrait et dispersé par ses soucis et ses occupations, il est impossible de se tourner vers cette contemplation ; et sans cette contemplation, il n’atteindra pas la hassidout. Et même s’il l’a déjà atteinte, les distractions forcent son esprit (à s’y attacher) et le troublent, ne lui permettant pas de se fortifier dans la crainte et l’amour et dans les autres domaines que j’ai mentionnés concernant la hassidout. C’est pourquoi nos sages, de mémoire bénie, ont dit : « La présence divine ne repose pas dans la tristesse… » (Shabbat 30b).

Et cela s’applique d’autant plus aux plaisirs et aux délectations [physiques] qui sont véritablement (mamash) à l’opposé de la Hassidout. Car, voyez-vous, elles séduisent le cœur pour qu’il se laisse entraîner à leur suite et s’éloigne de tout ce qui touche à la Séparation et à la vraie connaissance.

Cependant, ce qui peut protéger une personne et la sauver de ces méfaits, c’est la confiance en l’Éternel. À savoir, qu’une personne confie entièrement son fardeau à l’Éternel, sachant qu’il est certainement impossible qu’un homme manque de ce qui lui a été destiné, comme l’ont enseigné nos sages : « toute la subsistance d’une personne [pour l’année] est fixée pour elle depuis Rosh Hashana [jusqu’à Yom Kippour] » (Beitzah 16a). De même, ils ont dit : « Nul ne peut toucher à ce qui a été préparé pour son prochain, même pas de l’épaisseur d’un cheveu » (Yomah 38b).

Une personne aurait pu rester inactive et le décret se serait accompli (sa part désignée lui serait parvenue), si cela n’avait pas été précédé de la sanction imposée à chaque être humain : « C’est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain » (Genèse 3:19), par laquelle une personne est tenue de faire un certain effort pour obtenir sa subsistance, car ainsi l’a décrété le Roi exalté.

C’est comme un impôt imposé à l’humanité auquel on ne peut échapper. C’est pourquoi nos sages, de mémoire bénie, ont dit (Sifri 15:18) : « Je pourrais penser qu’on peut rester inactif, mais l’Écriture dit (Devarim 28:20) : “dans tout ce que tu entreprendras de faire” ».

Ce ne sont toutefois pas les efforts (hishtadlut) qui aident. Les efforts sont certes nécessaires, mais une fois qu’on a fourni un certain effort, on s’est déjà acquitté de son obligation et la place est libre pour que la bénédiction du Ciel repose sur soi, sans qu’il soit nécessaire de passer ses jours dans l’effort et le labeur. C’est ce qu’a dit le roi David : « Car ce n’est ni de l’est ni de l’ouest, ni de… mais c’est l’Éternel qui rend la justice, [abattant l’un et élevant l’autre] » (Tehilim 75:7-8), et le roi Shlomo a dit : « Ne te fatigue pas à devenir riche ; cesse d’y appliquer ton intelligence » (Mishlei 23:4).

Au contraire, la véritable voie est celle des « premiers pieux », qui ont fait de la Torah leur priorité et de leur travail un objectif secondaire, et qui ont réussi dans les deux (Berakhot 35b). Car une fois qu’un homme a accompli un peu de travail, dès lors, il n’a plus qu’à faire confiance à son Maître, et ne pas se laisser tourmenter par les affaires de ce monde. Alors son esprit sera libre et son cœur prêt pour la véritable hassidout et le service divin parfait.


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Une journée ordinaire

Aujourd’hui est une journée ordinaire... enfin je crois. Je profite donc de cette journée ordinaire pour mettre en ligne mon dernier roman, intitulé sobrement... une journée ordinaire.

Dans la mesure où j’aurai eu besoin d’un peu plus de quatre années pour voir ce petit livre achevé, ne devrais-je pas considérer cette journée comme extraordinaire ? Peut-être... peut-être pas. D’une certaine façon, n’est-il pas extraordinaire de pouvoir profiter d’une journée ordinaire ?

Cher lecteur, je vous souhaite une bonne journée... ordinaire.
Paul Jeanzé, le 19 décembre 2025


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8 janvier - Les dix-neuf lettres (Samson Raphaël Hirsch)

Mise en ligne d’une version en français de l’ouvrage Les dix-neufs lettres, de Samson Raphaël (…)

30 septembre 2025 - La méditation juive

Mise en ligne d’une version en français de La méditation juive (1982), livre de Aryeh Kaplan.