Chapitre 25 (La voie des Justes)

dimanche 7 juin 2026
par  Paul Jeanzé

La manière d’acquérir ce type de crainte passe par la contemplation de deux vérités :

Premièrement, que la Présence divine (Shekhina), béni soit-Il, se trouve en tout lieu du monde ; et [deuxièmement] que l’Éternel veille sur toutes choses, petites ou grandes. Rien n’est caché à Sa vue, ni en raison de sa grandeur ni en raison de sa petitesse. Au contraire, les grandes choses et les petites choses, les humbles et les honorables, Il les voit et les comprend sans aucune distinction.

C’est ce que dit l’Écriture : « Toute la terre est remplie de Sa gloire » (Isaïe 6:3), et « Ne remplis-je pas le ciel et la terre ? » (Jérémie 23:24), et « Qui est semblable au Seigneur, notre Roi, qui trône dans les hauteurs, et qui se penche pour regarder vers le ciel et vers la terre ? » (Psaumes 113:5-6), et « bien que le Seigneur soit élevé, Il voit les humbles, et Il connaît de loin les orgueilleux » (Psaumes 138:6).

Une fois qu’il est devenu clair pour une personne que, où qu’elle se trouve, elle se tient devant la Présence divine, béni soit-Elle, alors la crainte viendra d’elle-même, ainsi que la redoutable crainte de trébucher dans ses actions, de sorte qu’elles ne soient pas dignes de Son honneur exalté.

C’est ce qu’ont dit nos sages : « Sache ce qui est au-dessus de toi : un œil qui voit, une oreille qui entend, et toutes tes actions sont inscrites dans un livre » (Avot 2:1). Car puisque le Saint, béni soit-Il, veille sur toute chose, et qu’Il voit tout et entend tout, il est certain que chaque action laissera une empreinte. Et toutes sont inscrites dans un livre, que ce soit pour le mérite ou pour la dette (la punition).

Cependant, cette image ne se forme bien dans l’esprit d’une personne que par une contemplation assidue et une grande réflexion. Car puisque la question est loin de nos sens, l’esprit ne peut se la représenter qu’après mûre réflexion et considération. Et même après que l’esprit se l’est représentée, l’image se perdra facilement à moins qu’il ne soit très assidu à la [maintenir].

Ainsi, nous voyons que tout comme une grande contemplation est le moyen d’acquérir une crainte constante, de même l’interruption de la pensée et l’oisiveté dans l’étude en sont le plus grand détriment, que ce soit dû à des préoccupations ou à la volonté – toute interruption de la pensée est une annulation de la crainte constante.

C’est ce que le Saint, béni soit-Il, a ordonné au roi : « Et la Torah sera avec lui, et il la lira tous les jours de sa vie, afin qu’il apprenne à craindre le Seigneur, son Roi » (Devarim 17:19). Cela enseigne que la crainte ne s’acquiert que par une étude ininterrompue.

Notez que le verset dit : « afin qu’il apprenne à craindre » et non « afin qu’il craigne ». Car cette crainte ne s’acquiert pas naturellement. Au contraire, elle lui est éloignée en raison de la nature corporelle de ses sens. Ainsi, elle ne peut être acquise que par l’apprentissage, et la seule manière d’apprendre à craindre est de s’appliquer avec une grande diligence à l’étude de la Torah et de ses voies, sans interruption. À savoir, en méditant et en examinant cette question en permanence, lorsqu’il est assis et lorsqu’il marche, lorsqu’il se couche et lorsqu’il se lève, jusqu’à ce que la vérité de la chose s’imprime dans son esprit, c’est-à-dire la vérité selon laquelle Sa présence divine (Shekhina) est présente partout, et que nous nous tenons réellement (mamash) devant Lui à tout moment, à chaque instant. Alors, il craindra l’Éternel en vérité.

C’est ce pour quoi le roi David a prié en disant : « Enseigne-moi Ta voie, ô Seigneur ; je marcherai dans Ta vérité. Unifie mon cœur pour qu’il craigne Ton Nom » (Tehilim 86:11)


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Une journée ordinaire

Aujourd’hui est une journée ordinaire... enfin je crois. Je profite donc de cette journée ordinaire pour mettre en ligne mon dernier roman, intitulé sobrement... une journée ordinaire.

Dans la mesure où j’aurai eu besoin d’un peu plus de quatre années pour voir ce petit livre achevé, ne devrais-je pas considérer cette journée comme extraordinaire ? Peut-être... peut-être pas. D’une certaine façon, n’est-il pas extraordinaire de pouvoir profiter d’une journée ordinaire ?

Cher lecteur, je vous souhaite une bonne journée... ordinaire.
Paul Jeanzé, le 19 décembre 2025


Brèves

8 janvier - Les dix-neuf lettres (Samson Raphaël Hirsch)

Mise en ligne d’une version en français de l’ouvrage Les dix-neufs lettres, de Samson Raphaël (…)

30 septembre 2025 - La méditation juive

Mise en ligne d’une version en français de La méditation juive (1982), livre de Aryeh Kaplan.