De cinq à sept
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Je suis un scientifiqueUn pur produit de la mathématiquePhilosophie métaphysiqueQuelle différenceSinon de méprisables croyancesJ’en suis convaincuEt bien entenduJe vous le dis sans cérémonieJe déteste la poésiePourtant il faut bien des lettresPour mettre des mots sur des chiffresN’utilise-ton pas le terme « déchiffrer » pourLire un texte dont la graphie est peu claireCe n’est pas moi qui le ditC’est le dictionnaireOn peut jouer avec les motsComme on peut jouer avec les chiffresPendant longtemps je croisOn a compté les pieds de nos alexandrinsEt quel ver est plus musicalQue ce glorieux et noble ancêtreLe bien nommé octosyllabeLes rimes du poète s’aiment deux à deuxPour rendre le lecteur heureuxRien de bien originalQue ce procédé très banalPas de fraction ni de frictionOn évite la divisionPas besoin de preuve par neufNi des sensations du grand huitLa poésie n’a jamais eu l’ambitionDe se lancer dans de grandes opérationsJe le répèteQuitte à paraître bêteMais un tout petit poèmeLu ou écrit de cinq à septEn buvant un théEn grignotant une petite madeleineC’est bien suffisant pour aider les plus savantsÀ résoudre toutes leurs complexes équations
