ZEBDA – 2012 – Second tour

Durant les dernières années du millénaire précédent, les choses étaient encore relativement simples : on tombait la chemise le samedi soir, on se révoltait contre le bruit et l’odeur et l’on chantait à tue-tête : « on est chez nous » ! Au début des années 2000, passé l’euphorie d’un réveillon qui en endormit plus d’un, arrive le doute de l’utopie d’occase : les évidences c’est pas mon dessert, tu les avales il en sort un bouc émissaire…

Mouss et Hakim se sentent d’origines incontrôlées et jettent alors un regard amoureux du côté d’Alger. Magyd Cherfi, quant à lui, dans sa cité des Étoiles, cherche inlassablement à réconcilier place de France et sandale magique, entre espoir et mélancolie d’un pays à la mémoire décidément bien défaillante et sélective.

Nous sommes en 2012, 20 ans après l’arène des rumeurs. Le temps où le petit garçon ajustait son lance-pierres semble révolu. Les interrogations et les doutes persistent, sans colère mais avec beaucoup de sensibilité. Ils ne sont pas aussi visibles que pendant la mise en sommeil de Zebda, mais difficile de passer à côté d’un titre comme les harragas (du nom des migrants clandestins qui brûlent leurs papiers), l’univers du groupe laissant de plus en plus de côté le monde manichéen de nos jeunes années, ainsi Les deux écoles et le  très casse-gueule théorème du châle.

En guise de correction, de conclusion, les hommes naissent…
Zebda tente alors de corriger, de compléter cette phrase énigmatique en compagnie d’une mélodie qui se fait de plus en plus insistante et entêtante.

Mais ça va pas…

… être possible ?