La Michna
La Michna fut étudiée et commentée par tout le peuple d’Israël pendant plus de 300 ans jusqu’à la clôture du Talmud. Elle restera le fondement du Talmud qui l’expliquera dans ses moindres détails. Rébbi la divisa en 6 Sédarim (ordres) : Zéraim pour les lois de la terre ; Moéd pour le shabbat et les jours de fêtes ; Nachim les lois concernant les femmes : mariage, divorce et lévirat ; Nézikim les dommages et litiges d’argent ; Kadachim les lois des sacrifices et du temple ; Taharot les lois de pureté et d’impureté. Chaque ordre est composé d’une dizaine de Masséchtot qui sont elles même divisées en chapitres (Praquim) et les chapitres en Michnayot. On compte en tout 63 Masséchtot et 4161 Michnayot.
L’idée de Rébbi était que la Michna soit étudiée simplement en comprenant les mots, le sens et les lois sans pour autant connaitre les raisons et les sources de chaque enseignement. Ces dernières étaient confiées oralement aux plus érudits et ont été regroupées par la suite dans le Talmud. Les principaux commentateurs de la Michna sont le Rambam et le Rav Ovadia de Bartenoura, ce dernier donnera une explication simple et proche du texte rappelant le style de Rachi, il est le plus étudié. Pour plus d’approfondissement sans pénétrer le Talmud on se tournera vers le Tossefot Yom Tov et le Tiférét Israël.
Voici ce qu’écrivait Le Maharal de Prague (1525-1609) sur la Michna, dans son commentaire des Pirké Avot : En ce qui concerne la Michna, la vérité est qu’on ne lui prête plus aucune attention, et nul ne se soucie des paroles des sages dans le traité Sanhédrin (99a), lorsqu’à propos du verset : « Car il a méprisé la parole de l’Éternel et renversé Son alliance » (Bamidbar 15:31), Rabbi Nathan dit : « Cela désigne celui qui ne tient pas la Michna sous sa garde. » Or, telle est précisément la conduite de cette génération, ou pas un n’est prêt à un tel engagement, sous prétexte que n’est tenu pour « sage » que celui qui s’adonne au Talmud, qui est le lieu de questionnement et de la recherche, ce qui a pour effet d’attirer le cœur de l’homme et de vouer la Michna à l’abandon [...] Qui ne tient pas la Michna sous sa garde méprise la parole de l’Éternel, car il n’étudie que pour la sagesse, or tout homme cherche par nature à devenir sage, mais il ne désire pas connaître en eux-mêmes les Commandements de l’Éternel qui constituent la Michna.
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