Marathon en montagne

, par  Paul Jeanzé

Marathon en montagne

J’avais intégré le club au printemps et déjà se profilait la fameuse sortie du mois de juin. Cette année, Yvette avait choisi un haut lieu du cyclotourisme ; les cols de cette région de moyenne montagne n’étaient pas aussi réputés que ceux des Alpes, mais nous évoluerions sur un terrain où il n’y avait pas un seul kilomètre de plat. De plus, le parcours était, de l’avis de ceux qui l’avaient déjà emprunté, de toute beauté. Il était prévu que nous arrivions sur place le jeudi après-midi ; suivrait un entraînement tranquille sur le début du parcours le vendredi matin avant la randonnée qui était programmée le samedi ; et, après une nuit de repos bien méritée, nous rentrerions le dimanche dans nos foyers.

Un des membres du club, bricoleur hors pair, avait fabriqué une remorque où l’on pouvait installer puis véhiculer avec une facilité déconcertante une douzaine de vélos. J’étais admiratif de l’énergie et du temps passé par tous les bénévoles du CycloMainvillois. C’est certainement en raison de leur enthousiasme communicatif que je me proposai de participer à l’organisation de ce rendez‑vous important : je rejoignis le gîte dès le mercredi après‑midi avec ladite remorque et trois autres membres du club afin de préparer les lieux avant l’arrivée de l’ensemble des participants. Très tôt dans la matinée, nous avions chargé la remorque avant de faire le trajet de cinq cents kilomètres qui nous séparait du lieu de la concentration cycliste. Une fois arrivés sur place, nous avions rangé avec soin les dix vélos avant d’aller faire les courses pour une quinzaine de personnes puis de préparer les repas pour les jours suivants. Nous avions dû en outre effectuer un grand ménage et donner un bon coup d’aération au gîte, ce dernier n’ayant pas été habité depuis l’été précédent. En m’allongeant enfin sur mon lit vers vingt‑deux heures, je ne pus m’empêcher de penser que j’avais vécu une journée certes éreintante, mais qui avait eu à elle seule beaucoup plus de sens que toutes celles passées à éplucher les comptes d’une entreprise pour laquelle je n’avais aucune affinité ; et que dire quand, après cette journée de travail sans âme, je devais ensuite passer la soirée dans un appartement dans lequel je me sentais trop à l’étroit en regardant un film dont j’oublierais le titre dès le lendemain. Je sombrai dans un profond sommeil.

Je devais garder un formidable souvenir de cette longue randonnée avec le CycloMainvillois même si elle fut entachée d’un bien triste incident survenu au cours de notre reconnaissance du vendredi matin. Nous étions partis vers dix heures avec comme objectif de reconnaître le deuxième col du parcours, un col qui avait le double avantage de ne comporter aucune difficulté et d’être peu éloigné de notre gîte. Il faisait un temps magnifique et nous n’étions pas les seuls à avoir eu cette idée : des dizaines de cyclistes avaient envahi la route ; le vélo était à la fête. Si mes compagnons choisirent d’escalader le col à un rythme assez soutenu, je préférai pour ma part monter sans forcer, pour profiter du paysage et ne pas me laisser griser par l’atmosphère qui régnait sur la route ; je voulais également préserver toute mon énergie pour la journée du lendemain. La pente était relativement douce et je sentais monter la chaleur en provenance de l’asphalte. Au cours de mon ascension, une belle vallée boisée se découvrit en contrebas ; sur le versant opposé, un petit village s’accrochait à la montagne. Un vent léger fit son apparition et je compris que l’horizon allait se dégager : je m’approchais du col. Brutalement tiré de ma contemplation, je dus faire un écart pour éviter un cycliste qui était allongé par terre ; les pompiers s’affairaient autour de lui et un des sauveteurs lui prodiguait un massage cardiaque. Lorsque je rejoignis le reste de mes compagnons au sommet du col, nous n’évoquâmes pas le drame qui très certainement était en train de se jouer une centaine de mètres plus bas. Lors de la descente, nous fûmes d’abord silencieux ; puis la joie de nous trouver là tous ensemble, la beauté du paysage et le soleil qui brillait et nous commençâmes à oublier ce que nous avions vu ; les conversations et les rires reprirent : rien ne viendrait gâcher notre fête même si aujourd’hui encore, j’ai parfois une pensée pour ce coureur que j’avais vu allongé sur la route. Qu’était-il devenu ?

Au pied du gîte coulait une tranquille rivière et plusieurs d’entre nous bravèrent la fraîcheur de l’eau pour piquer une tête ; je me contentai de faire une sieste sur un rocher patiné par le temps. Derrière la longue bâtisse, une petite voie ferrée qui semblait désaffectée longeait des champs de luzerne ; quelle ne fut pas notre surprise de voir passer, vers la fin de l’après-midi, alors que nous jouions au tarot sur la terrasse, un train à vapeur avec deux wagons de passagers qui nous saluèrent joyeusement. À la fin de cette journée qui se termina sous un magnifique coucher de soleil, après que le cri des hiboux eut résonné au crépuscule, le début de nuit fut plus chaotique : nous étions quatre par chambre, installés dans des lits superposés et le coureur situé au-dessus de moi s’endormit immédiatement en ronflant comme un sonneur. Au‑delà de ce bruit insupportable, je nourrissais également quelques inquiétudes pour la journée du lendemain. C’était ma première randonnée cyclosportive et même si j’avais l’expérience des longs cols alpins avec mon mountain bike, cela remontait maintenant à plusieurs années. Certes, je disposais aujourd’hui d’un vélo beaucoup plus léger, mais avec tous ces cyclistes rassemblés autour de moi, comment allais-je me comporter au milieu de cet immense peloton ? De nombreuses autres questions s’invitèrent au milieu des ronflements sans que je leur trouvasse une réponse satisfaisante. Je ne m’endormis que très tardivement, et quand le réveil sonna dès quatre heures trente, il me fut bien difficile d’émerger de mon sommeil. Pourtant, après une bonne douche et devant les premières lueurs du jour qui effaçaient les étoiles, j’oubliai l’appréhension d’avoir passé une nuit courte et agitée.

Le départ était situé à une dizaine de kilomètres de notre gîte, à huit heures trente. Si nous nous étions levés si tôt, c’était pour deux raisons : trouver sans trop de difficultés une place pour garer la remorque sur les parkings mis à notre disposition et être parmi les premiers sur la ligne de départ, car l’épreuve rassemblait plusieurs milliers de participants. Le spectacle était impressionnant : dans un village d’environ neuf cents âmes, je vis des centaines de vélos se diriger vers l’immense banderole qui symbolisait le départ ; nous étions loin d’être les seuls à souhaiter être bien placés sur la ligne. Une fois arrivés sur place, nous avions encore presque deux heures à patienter avant d’être libérés ; mais il était maintenant hors de question de quitter notre petit bout de bitume si durement acquis ! De toute façon, nous étions tellement nombreux qu’il nous était presque impossible de faire le moindre mouvement. L’attente fut si longue que malgré la fraîcheur matinale, je me laissai peu à peu gagner par la torpeur. Tout autour de moi, l’agitation se transforma en une sorte de fond sonore et je m’assoupis en écoutant d’une oreille distraite les conversations des cyclistes les plus proches ; je fermai les yeux et commençai à somnoler : dans mon esprit défilaient les images d’une route serpentant en direction d’un col verdoyant ; je roulais sur cette route en dépassant des dizaines de coureurs ; le col se rapprochait ; l’intensité lumineuse devenait de plus en plus forte, comme irréelle ; j’avais l’impression de tutoyer les sommets et de…

Le départ vient d’être donné et je suis précipité dans un univers chaotique : il y a des vélos partout ; ça roule vite, très vite alors que nous sommes dans une légère descente. L’impression est étrange… Nous formons un immense peloton et pourtant chacun semble uniquement concentré sur sa propre machine. Pour ne pas me laisser submerger par la peur, je fixe un point invisible loin devant moi et je jette toutes mes forces dans la bataille, avec comme objectif de le rejoindre au plus vite. Je n’entends que le sifflement des roues, parfois un coup de frein qui provoque une accélération des battements de mon cœur. Au milieu de tout ce brouhaha mécanique règne un étrange silence du côté des hommes : aucune parole, aucun cri en provenance des visages crispés. Au bout de quelques kilomètres, je commence néanmoins à m’habituer à cette singulière atmosphère et je distingue la route qui un peu plus loin poursuit sa descente dans la forêt. Tout à coup, l’angoisse m’étreint ; j’ai la sensation d’avoir crevé de la roue arrière. Un long frisson parcourt tout mon corps ; je suis proche de la panique. Comme je peux, je ralentis progressivement en même temps que je tente de rejoindre le bord de la route ; je me fais doubler de tous les côtés et il me faudra d’interminables secondes pour m’arrêter sans dommage sur le talus. Fébrilement, je regarde ma roue : elle n’a absolument rien. Entre soulagement et colère, je m’apprête à remonter sur mon vélo. Nous sommes en bas de la descente ; devant moi, j’aperçois les lacets du premier col de la journée. Le bruit des vélos est assourdissant : je vois un torrent de cyclistes déferler sous mes yeux incrédules. À plusieurs reprises, je sens des guidons me frôler. Comment vais-je faire pour m’insérer dans ce trafic infernal ? J’attends une légère accalmie ; une minute, deux minutes, peut-être plus ; en vain. Le flot est ininterrompu ; je ne parviendrai jamais à reprendre ma place ; je vais devoir attendre que tout le monde soit passé et… et puis j’arrête de réfléchir, je monte sur mon vélo, regarde droit devant et me jette d’un coup de pédale rageur sur la route. Je ferme les yeux. Derrière moi, j’entends le bruit des freins… rien de plus… je suis reparti au milieu de cette folie… En quelques minutes, j’ai l’impression de m’être vidé de tout l’influx que j’avais patiemment emmagasiné au cours de ces derniers jours.

À mon grand soulagement, la pente s’élève enfin. L’immense peloton, surpris par ce changement de relief, renâcle de toutes parts. Des groupes de quatre ou cinq coureurs se forment pour affronter cette première difficulté. Quelques cyclistes s’arrêtent sur les bas-côtés pour souffler ou régler un petit problème mécanique ; je vois déjà des visages grimacer sous l’effort. Quant à moi, je peux enfin entamer la montée en retrouvant le sourire ; je crois entendre le cri d’un rapace loin dans les arbres. Au bout de trente kilomètres, à la faveur d’un long faux plat, je me laisse glisser dans un gros peloton d’environ soixante coureurs. L’accalmie sera de courte durée. Alors que le groupe roule sans à-coups, un concurrent fait un écart et celui qui le suit ne peut éviter la chute. Quelque peu en retrait, je parviens à m’arrêter sans tomber ; je descends porter secours au cycliste malheureux. Par chance, il est tombé dans le fossé où l’herbe a amorti sa chute ; il n’a que quelques égratignures. En revanche, son vélo a heurté le bitume de plein fouet et la fourbe est endommagée ; il ne pourra pas continuer. Légèrement contrarié par ce nouvel incident, j’accélère le rythme et dans le col suivant, je rattrape un à un la plupart de mes anciens compagnons. Peu avant d’arriver en haut du col, je double un coureur dont la tige de selle vient de se casser et qui se retrouve à devoir pédaler en danseuse avant de probablement abandonner. Vraiment, quel début de matinée bien agité !

Il y a toujours énormément de monde sur la route, mais les groupes sont de plus en plus espacés ; parfois, quelques coureurs me doublent en trombe dans une descente. Sans vraiment m’en être rendu compte, il est midi passé et j’ai déjà parcouru près de cent kilomètres. En abordant le deuxième ravitaillement, je ne me trouve pas spécialement fatigué. Pourtant, peu de temps après cet arrêt au cours duquel je prends le temps de bien m’alimenter, je suis surpris par une montée revêche. En étudiant le parcours sur la carte, je n’avais pas noté cette difficulté ; je ressens un peu de lassitude, une légère angoisse également, car dans trois kilomètres je vais devoir faire un choix : suivre une très longue descente ou tourner à gauche pour prendre le grand parcours qui allongera ma sortie de près de cinquante kilomètres. Je suis alors rattrapé par un groupe d’environ vingt coureurs et je me place prudemment en queue de peloton pour récupérer un peu. Nous sommes confrontés à un fort vent de face et j’entends les hommes à l’avant demander de l’aide pour les relais. Les volontaires sont rares et la tension monte au sein du groupe. Je me fais aussi discret que possible à l’arrière ; je ne suis pas très fier de me comporter en passager clandestin. Nous arrivons enfin en vue de la bifurcation. Le vent souffle maintenant très violemment. Sur la droite, un curieux mont tout pelé émerge d’une ceinture arborée ; tout autour, des champs parsemés de bruyères et de genêts accueillent des vaches au pelage blanc. Un cycliste s’exclame : « Hé bien, pas fâché d’en terminer avec ce putain de faux col ! On aura bien mérité la longue descente qui s’annonce. Et bonne chance aux courageux qui partent sur la grande boucle ! » À ma grande surprise, je vois l’intégralité des coureurs s’engager dans la descente au moment où je tourne à gauche : je me retrouve tout seul au milieu de la lande.

Pendant plusieurs kilomètres, je me sens complètement perdu ; j’hésite même à faire demi-tour ; le vent souffle toujours aussi fort. Loin devant, j’aperçois un coureur que je n’arrive pas à rattraper ; il n’y a personne derrière moi. Puis, peu à peu, le paysage se fait plus accueillant ; les arbres reprennent le dessus sur la lande et le vent semble vouloir faiblir. J’apprécie la solitude des lieux. Après cette matinée passée au milieu des autres cyclistes, je m’aperçois que j’avais besoin, sinon de silence, d’une atmosphère plus apaisée : si je dois toujours être attentif à la route, je n’ai plus à prêter attention aux autres coureurs ; je peux enfin me relâcher. Pendant plus de dix kilomètres, je me laisse descendre le long d’une route qui serpente au milieu des arbres ; plus loin, je la vois remonter en bordure d’un coteau pierreux. À l’horizon, pas la moindre trace d’habitation ; je goûte le côté sauvage des lieux.

Le paysage change une nouvelle fois : j’emprunte une gorge encaissée ; sur la gauche, une falaise abrupte ; à droite en contrebas, un torrent court vigoureusement à mes côtés. Je dois me montrer plus prudent : la route se gondole ; l’hiver, le gel doit la mettre à rude épreuve. Il fait très sombre dans ces gorges qui peu à peu deviennent inhospitalières. Tout à coup, j’aperçois des maisons accrochées à la roche surgir de la rive opposée ; un pont en pierre me guide vers l’entrée d’un village où je suis accueilli, à mon plus grand étonnement, presque en héros : j’apprends que je suis seulement le quarante-cinquième coureur à me présenter, la difficulté et la longueur de ce circuit qui dépasse allègrement les deux cents kilomètres n’attirant pas les foules, m’indique-t-on au ravitaillement. Je commence à me demander si je n’ai pas été quelque peu inconscient de me lancer dans cette aventure ; je me rassure en me rappelant les propos de Monsieur Gontran : peut‑être ai-je de bonnes dispositions pour les épreuves d’endurance. Et puis, ne suis-je pas sur mon terrain de jeu favori ? À proximité du ravitaillement, je m’assieds pendant quelques instants sur le rebord d’une fontaine et j’admire le spectacle de l’eau qui jaillit au soleil. Deux coureurs s’arrêtent à leur tour et je choisis de repartir en leur compagnie ; un col long de onze kilomètres nous attend. La dénivelée n’est pas exceptionnelle, mais située à ce moment du parcours, je pressens que son ascension pourrait s’avérer difficile ; je ne vais pas être déçu. Alors que je me sentais encore très frais en bas du col, plaisantant avec mes deux camarades de route, l’effet de ma pause certainement, la fatigue me gagne avant même d’être à la moitié du col ; irrésistiblement, les deux cyclistes qui m’accompagnent prennent le large, non sans m’avoir encouragé avec bienveillance. Leur sollicitude est loin d’être suffisante et la deuxième moitié de la montée tourne au calvaire. Victime d’un énorme coup de barre, je zigzague sur la route ; je suis collé au goudron et mon compteur ne parvient qu’à afficher un bien maigre huit voir neuf kilomètres à l’heure. Je dois même m’arrêter et m’asseoir dix minutes sur le bas‑côté, le temps de manger et de boire abondamment pour tenter de rassembler mes forces. Il me faudra presque une heure trente pour parcourir les onze kilomètres de l’ascension, une éternité. Heureusement, la longue descente qui suit me permet de me refaire une santé ; je retrouve également l’itinéraire commun à l’ensemble des parcours. Alors que j’évoluais en solitaire depuis près de trois heures, me voici de nouveau au milieu des randonneurs ; ces derniers sont plus lents que moi puisqu’ils comptent cinquante kilomètres de moins à leur actif. Pendant toute la fin de la course, je rattrape des dizaines de cyclistes ; j’ai l’impression d’effectuer une remontée fantastique qui me galvanise autant sur le plan mental que physique. La dernière difficulté est presque une formalité, malgré de forts pourcentages au pied d’un col qui emprunte une route très étroite. Encouragé par les quelques spectateurs encore présents, je revis totalement.

Enfin la dernière descente… Je sens comme une vague d’émotion me submerger. J’ai l’impression, non pas d’être seul sur terre, mais de jouir intensément d’un moment qui m’est exclusivement réservé, quelque chose de précieux que jamais personne ne pourra me voler : mon exploit m’appartient comme semblent m’appartenir tous les lieux que j’ai traversés au cours de cette incroyable journée. Même le soleil que je vois descendre à l’horizon semble me saluer avec honneur et respect. Si j’étais du genre à faire des grandes phrases qui ne veulent pas dire grand-chose, je dirais que je suis en train d’approcher, le temps de cette dernière descente, la quintessence de la liberté, avec un grand L ! Quelque chose qui rimerait avec Vérité… Mais si je ne crains pas me brûler les ailes comme Icare, il serait dommage que je terminasse ma course dans un ravin… Passé cet instant de lyrisme un rien grand-guignol, je profite prudemment de la descente et des derniers rayons du soleil avant de passer, avec un sourire béat sur le visage et les larmes aux yeux, la ligne d’arrivée.

Malgré quelques crampes qui se rappelèrent à mon bon souvenir, je restais sur mon petit nuage une bonne partie de la soirée avant de m’endormir, terrassé par la fatigue, dans un sommeil sans rêves. Le lendemain matin, installé à l’arrière de la voiture qui me ramenait dans la plaine, et en regardant derrière la vitre le paysage défiler, j’essayai de me souvenir de ma folle journée. J’avais bien du mal à croire que tout ce que j’avais vécu et ressenti eût existé. À mon retour, j’aurais souhaité partager tous ces moments magiques avec Marlène, en lui racontant le gîte, le torrent et le petit train, et bien entendu ma formidable épopée. Pourtant, quand je pénétrai le visage radieux dans l’appartement, et devant les yeux mélancoliques de Marlène qui me demanda poliment comment s’était déroulée mon escapade, je ne pus articuler qu’un bref : « c’était bien. Vraiment bien ».