Et la montagne accoucha d’une souris
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Suis-je en train de me rallonger ou suis-je en train de prendre un raccourci ? Difficile à dire, car alors que je vous annonçais dans un chapitre précédent le chemin de l’homme, voilà qu’il accouche d’une souris ! Comment donc un homme peut-il accoucher d’une souris ? C’est tout simplement impossible non ? À moins qu’il ne se soit égaré en chemin ! Et que s’il s’est égaré, que son chemin le conduisit vers la montagne. Rabelais ne disait-il pas fort à propos : « Les montagnes sont en travail : il en naîtra une souris ridicule ». Alors peut-être notre homme, de droits chemins en lacets, se sera-t-il épris de cette petite souris. Épris pour s’en enlacer et ainsi donner naissance à un petit rat de goût, rat des villes et rat des champs, rat affable d’une montagne qui accouche en contrebas de la fontaine :
Une Montagne en mal d’enfant
Jetait une clameur si haute,
Que chacun au bruit accourant
Crut qu’elle accoucherait, sans faute,
D’une Cité plus grosse que Paris :
Elle accoucha d’une Souris.
Quand je songe à cette Fable
Dont le récit est menteur
Et le sens est véritable,
Je me figure un Auteur
Qui dit : Je chanterai la guerre
Que firent les Titans au Maître du tonnerre.
C’est promettre beaucoup : mais qu’en sort-il souvent ?
Du vent.
Alors bon vent. Pas de quoi en faire une montagne finalement…