Plus haut que la sainteté

Par Gérard Touaty
samedi 2 juillet 2022
par  Paul Jeanzé
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L’une des plus violentes querelles déclenchées à l’encontre de Moshé le fut par son cousin Kora’h qui dans le but de le déconsidérer, remit en cause plusieurs mitzvoth. L’une d’entre elles était la mezouza qui à ses yeux n’avait aucune utilité. « Une maison remplie de livres (en rapport avec le judaïsme) a-t-elle besoin d’avoir à sa porte un petit parchemin sur lequel sont rédigés deux paragraphes du Chema Israël ! Les centaines de livres d’une maison ne contrebalancent-ils pas un petit parchemin ? » C’est avec (entre autres) de tels propos que Kora’h vint contester le pouvoir de Moshé. Il nous faudra aujourd’hui comprendre le fond de sa révolte à travers la mitzva de la mezouza.

Le point central de la contestation de Kora’h concernait la fonction des « cohanim », des prêtres affectés exclusivement au service du Temple. Son argument était simple. Qu’avions-nous besoin de la sainteté particulière des cohanim, puisque tout le peuple était lui-même saint ? Le fait d’avoir reçu la Thora au mont Sinaï conférait à chaque juif un degré de spiritualité très élevé. D’ailleurs, Hachem lui-même, avant le don de la Thora, avait qualifié Israël de « royaume de prêtres ». La sainteté unique des « cohanim » était donc inutile !

Une sainteté superflu ?

Cette argumentation trouvait un reflet avec la mitzva de « mezouza ». Israël était littéralement « plein de sainteté » à l’instar d’une maison remplie de livres. Dès lors à quoi bon rajouter une sainteté supplémentaire (et superflue) avec une mezouza ! : si Israël était qualifié de peuple saint quel intérêt y avait-il à attribuer à une partie (insignifiante) du peuple un statut de sainteté différente ?
On peut trouver a priori l’argumentation de Kora’h parfaitement justifiée. Mais ce que Kora’h ne put comprendre se situe à un niveau qui dépasse le cadre traditionnel du judaïsme.

Rayonner au dehors

La spécificité de la mezouza réside dans la place qu’elle occupe. Elle se situe à mi-chemin de la rue et de la maison. Elle est placée à la porte de la maison mais à l’extérieur. Parce que sa sainteté rayonne sur ceux qui vivent dans la maison et sur le monde de la rue. Quand une maison est remplie de livres il est possible que la sainteté émanant de ces livres soit séparée de la vie quotidienne du Juif vécue de l’extérieur. C’est la raison pour laquelle nous devons fixer une mezouza à l’entrée de notre maison, cela afin de faire savoir au monde (et à nous-mêmes) que la sainteté réside aussi sur le monde profane. Et sortant de chez lui, le Juif se rappellera par la mezouza qu’il doit rester un homme saint même quand il n’est pas entouré de ses livres. Il en est de même pour les « cohanim ». Il est vrai que le peuple juif est saint depuis le don de la Thora mais, pour différentes raisons, cette sainteté peut « s’oublier ». La pression du quotidien totalement désacralisé peut faire de nous un peuple « normalisé ».
Alors pour nous rappeler notre rôle, Hachem institua la fonction des « cohanim » qui viennent par leur sainteté particulière mettre en relief la sainteté d’Israël. Kora’h quant à lui voulut se contenter d’une sainteté de « base ». Mais telle n’était pas la Volonté de Hachem. Il était nécessaire de propulser le Juif au-delà de ses limites naturelles pour l’aider à rester saint.

Pour Actualité Juive - Gérard Touaty


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