Salaison (sale saison)

, par  Paul Jeanzé

Tout autour du petit pont de pierre
Là où un chemin cahoteux remonte la vallée
Voilà que s’installe tranquillement
La neige

Mais le passant est pressé
Alors vite vite vite
On s’empresse de saler
Et que disparaissent les flocons
Dans une eau marron foncé

Quand arrive enfin le jour de la fonte des neiges
La vraie
Celle de cette époque où les crocus printaniers bombent leurs bulbes en plein air
Il n’y a plus rien à la surface de la terre
Que le goût salé de mes larmes versées