L’épouvantail

, par  Paul Jeanzé

C’était un vieil homme un voyageur de passage
Qui sur le bord de la route s’était arrêté
Longtemps il resta à contempler les nuages
Puis un ciel d’encre noire quand la nuit fut tombée

Les autochtones virent en lui un mauvais présage
Quel malheur apportait ces beaux yeux fatigués ?
Qu’il était bien loin le temps du dernier carnage
Le cycle de la mort pouvait recommencer

Alors qu’il se levait pour reprendre son voyage
La foule déchaînée le jeta dans le fossé
D’un arbre au milieu de ce si doux paysage
Une branche verra un fruit trop mûr s’y balancer