La saison désamour

, par  Paul Jeanzé

J’arpentais solitaire
Un chemin triste et droit
En plein de cœur de l’hiver
Il gelait par endroit

Près du lac loin des hommes
La nature endormie
Fatiguée de l’automne
S’accordait un répit

Viendra-t-il ce printemps ?
Serai-je là pour le voir ?
Car voilà que s’étend
Une vague lueur dans le soir

Belle saison pour une guerre
Qu’un été surchauffé
Un été nucléaire
Et ses morts par milliers

Un cadavre des viscères
Je m’arrête et je vois
Une belle bague et ses pierres
Dans ma poche elle échoit

J’arpentais solitaire
Un chemin triste et droit
Le sac en bandoulière
Je sifflais dans les bois

Novembre 2015