L’homme en noir

, par  Paul Jeanzé

Il avait les cheveux gris et la barbe blanche
Accompagné d’une épaisse gabardine noire
Elle protégeait du soleil et des hommes son corps maigrelet

Il cheminait à petits pas
Vers la fin de son existence
Lui restera-t-il encor assez de force
Pour voir la lune du soir se lever ?

Il s’arrêta un bref instant
Et considéra les enfants qui jouaient
Ici l’un pêchait avec un petit bout de bois
Là un autre cueillait les pâquerettes
Que le printemps venait tout juste de réveiller

Se hasardant vers le bord de l’eau
Il s’assit dans l’herbe et les fleurs
Sous le regard étonné des passants

L’herbe était douce
L’eau était tiède
Au milieu de l’insouciance amusée
Qui lui sourit gentiment
Il goûta les bienfaits de l’enfance retrouvée
Il avait tout le temps
L’après-midi était à peine entamée