L’arbre de la méconnaissance

, par  Paul Jeanzé

Sitôt il pointe le bout du nez
Qu’on lui demande de se presser
À peine un jour sait-il marcher
Qu’il lui faut lire et puis compter
La route est longue
La vie est courte
Hâte-toi donc sans te presser

Et c’est perdu dans ces pensées
Qu’Adam manqua le gros figuier
Il ne put voir Eve qui pleurait
Sur son innocence envolée
Son intimité dévoilée
Par un vilain serpent rusé

Le Mal était fait
Elle allait devoir quitter le beau jardin
Pour le Bien de l’Humanité

Adam de son côté continua innocemment
Sa route au milieu des figuiers
Quand il vit une pomme sur un pommier
Et voulut dedans y croquer

Incapable de se décider
Il retourna vers le figuier
Espérant y trouver une présence qui pourrait l’aider à prendre une telle décision
En chemin il oublia de regarder où il mettait les pieds et dans quel ordre
Et c’est là que l’histoire s’accélérât et s’effondrât
Car jamais il n’arriva auprès de celle qui lui était pourtant destinée

Voilà comment l’homme il est vrai
Ne sût jamais qui il était