Au nom de la rue

, par  Paul Jeanzé

Il est rare que les rues portent le patronyme d’illustres inconnus

Dans le centre de la petite ville
On retrouve des noms qui font autorité
Un général un président
Et puis parfois un ou deux députés
Leur légitimité ne tient parfois qu’à un fil
Un jour la rue de l’église
Laissa la place à celle de la laïcité

Et puis il y a toutes ces rues tombées en désuétude
La rue des champs
Le chemin aux bœufs
La sente de l’ébat
Vagues souvenirs d’un petit village du passé

Aujourd’hui dans les nouveaux quartiers
La rue des chrysanthèmes
Aura été choisie démocratiquement

Elle côtoie fièrement sur un même parterre
L’avenue des tulipes
et l’impasse des œillets

Quelle belle époque
Un attentat deux enterrements
On jette des fleurs
Un peu ému
À tous nos chers disparus

La rue des morts ?
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