La fuite

, par  Paul Jeanzé

Je fais mes adieux à l’horloge
Et descends dans le gris de la terre
Rouge incandescent du noyau terrestre
Où es-tu chaleur étouffante des entrailles de l’enfer ?
Je ne trouve ici que le contact froid du ciment
Sous-sol
Plafond bas
Places étroites
Et la porte du garage qui ferraille en claquant

Une clef dans le contact
Le bruit du moteur
Je remonte à la surface
Espérant rencontrer un peu de verdure

Hélas la nature a depuis longtemps disparu
Il n’y a plus que l’homme
Le béton
Le flot gris des voitures
Spectacle ininterrompu s’exhibant sur une scène de goudron

Le ciel est noir

Épuisée
La pauvre fée électricité
Tente à la pâleur du jour
De redonner quelques couleurs

Sans succès