Histoire d’Os

, par  Paul Jeanzé

Finalement, j’étais heureux du cheminement de mes pensées. J’étais ému de m’être retrouvé pendant quelques instants trente années en arrière aux côtés de ma grand-mère, loin de mes préoccupations du moment. Je ne pouvais m’empêcher de sourire en pensant de nouveau à mon insignifiante association d’os et de hélas. Avant de les lire dans Mangeclous, je n’avais jamais imaginé que la réplique de La grande vadrouille eût existé quelque part. Enfin, je dis « exister quelque part », mais vraisemblablement devrais-je plutôt écrire que l’un m’avait fait passer à l’autre, et que peut-être moi seul pensais que l’os et le hélas de Mangeclous pouvaient venir s’unir avec le hélas et l’os de La grande vadrouille. Il ne m’importait d’ailleurs pas de savoir qui avait inspiré qui ; d’autant plus que j’étais surtout rassuré de constater que je ne devais pas nécessairement culpabiliser quand j’utilisais des citations glanées au fil de mes lectures. Certainement avais-je même, sans le savoir, utilisé des procédés, des tournures de phrases et des séquences de mots que l’on pourrait très bien m’accuser d’avoir pillés dans un vieux manuscrit. D’ailleurs, si tel est le cas, j’avoue ici ma culpabilité :

Je soussigné, Monsieur Z, reconnais avoir plagié et repris à mon propre compte des mots, des phrases et des idées dont je ne soupçonne même pas l’existence.

Signé : Monsieur Z

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