Avant la guerre

, par  Paul Jeanzé

Ils parlaient tous en même temps
Les uns très forts
Les autres plus doucement
Aucun d’eux n’avait tort
Ils pensaient tous avoir raison
Alors l’autre écouter, à quoi bon ?

Ceux qui parlaient doucement
Commencèrent à hausser le ton
Ceux qui parlaient déjà fort
Crièrent, hurlèrent ;
Des rides de colère
S’épanouirent sur leur front

Au milieu de cette assemblée
Qui n’était pas réservée
Aux seuls milieux politisés
Attendait patiemment un petit homme au ventre rond

C’était le marchand de canons