Deux temps trois mouvements

, par  Paul Jeanzé

Une horloge tourne
Elle penche
Elle penche car elle a été accrochée au mur de travers
D’un coup de marteau mal ajusté
Elle donne bien l’heure
Mais pas à plat
Elle penche
Elle penche à un point tel
Que l’aiguille des secondes descend plus vite qu’elle ne devrait
Et peine ensuite à remonter
De un à six
C’est la dégringolade
Et à partir de là
Parce qu’elle a perdu son élan
Elle ralentit
Ralentit
Ralentit
Avant de presque s’arrêter en arrivant sur le douze

Le temps qui passe
C’est à peu près comme ça que cela se passe