Les pierres du souvenir

, par  Paul Jeanzé

Des monuments de mon enfance
Je me souviens du vieux calvaire
Dormant dans un coin de la route
Du monument aux morts
Sur lequel il y avait encore beaucoup de place
(L’homme est prévoyant quand il s’agit de penser au pire)
Sur le front de la petite église
La vierge dans son alcôve

Je suis repassé devant ces lieux
Il n’y a pas si longtemps
Le calvaire est envahi par les mauvaises herbes et les mauvaises pensées
La vierge a fuit l’alcôve
Pendant que les graffitis prenaient possession des murs de l’église

Le monument aux morts lui résiste bien au temps
Mais il s’impatiente de plus en plus bruyamment
Il aimerait tant avoir de nouveaux noms à graver