Prise de conscience

, par  Paul Jeanzé

Je suis
Enfermé
Depuis une heure dans mon bureau
Ou plutôt…
Je ne suis pas
Je ne suis plus
Je n’ai jamais été
Et là n’est plus la question

Derrière des vitres opaques et sales
Je regarde passer des nuages affolés
Des nuages remplis d’une sueur qui dégouline sur le pavé

Effarés ils voient de leur hauteur
S’élever à perte de vue
Immeubles et cités cimentées
Nulle part un petit coin de nature
Où le vent de l’automne pourrait
Petit tas petit
Rassembler les feuilles tombées

Dans ma tour de verre et gris
L’air commence à manquer
Artificiel
Superficiel
Respiration à l’étouffée

Une dernière réunion derrière des vitres fumées
À regarder le temps s’envoler et les passants lui courir après
Au mur la triste histoire d’une horloge estropiée
Qui au fil du temps et de ses aiguilles disparues
Tourne en rond de désespoir d’avoir laissé les heures filer