La traversée

, par  Paul Jeanzé

La route a ses codes
J’allume les miens
J’accélère je freine
Je m’arrête

J’ai froid

Un vieil homme une enfant
Leurs deux mains emmêlées
Un passage protégé
Il me suffirait de…
Et deux corps enlacés
Et deux mains desserrées
Et deux corps écrasés

J’ai si froid

Je reprends ma route
Sur la gauche et à droite
Des enseignes lumineuses
Criardes prostituées de non-chaire
Clignotent et montrent leurs jambes

J’ai tellement froid

Dans ces zones industrieuses
Je ne suis qu’un passant anonyme
Angoissé
Par le triomphe de cette triste modernité